Feu de conduit de cheminée : que faire ?

Mis à jour le 14 juillet 2026 · Par la rédaction du Poêle Idéal

Un feu de conduit, c'est l'inflammation des dépôts de bistre à l'intérieur du conduit de fumée. Les bons réflexes dans les toutes premières minutes font la différence entre un incident maîtrisé et un incendie de toiture.

Réponse rapide : fermez immédiatement les arrivées d'air du poêle pour priver le feu d'oxygène, ne jetez jamais d'eau dans le foyer ou le conduit, évacuez le logement et appelez le 18 ou le 112. Après le sinistre, le conduit doit être contrôlé par un professionnel (test fumigène) avant toute réutilisation.
Urgence en cours ? Fermez les arrivées d'air du poêle, fermez la porte du foyer, pas d'eau, faites sortir tout le monde et appelez le 18 (pompiers) ou le 112. Ne montez pas sur le toit, ne tentez pas d'éteindre vous-même un conduit en feu.

Les réflexes immédiats, dans l'ordre

  1. Fermez toutes les arrivées d'air du poêle et la porte du foyer : privé d'oxygène, le feu de conduit perd rapidement en intensité.
  2. Ne jetez jamais d'eau dans le foyer ou le conduit : la vapeur créée instantanément peut faire éclater le conduit surchauffé et propager l'incendie.
  3. Éloignez les matériaux combustibles proches du poêle et du conduit si vous pouvez le faire en quelques secondes, sans prise de risque.
  4. Évacuez le logement avec tous les occupants et fermez les portes derrière vous pour limiter la propagation.
  5. Appelez le 18 ou le 112 depuis l'extérieur en précisant « feu de conduit de cheminée » : les pompiers interviennent même si le feu semble s'être calmé.
  6. Attendez leur contrôle : un feu de conduit peut couver et repartir, ou avoir transmis de la chaleur à la charpente.

Comment reconnaître un feu de conduit ?

Le feu de conduit se manifeste par des signes assez caractéristiques, souvent simultanés :

  • un ronflement sourd dans le conduit, comparé à un bruit d'avion ou de soufflerie ;
  • une odeur forte et inhabituelle de brûlé ;
  • une fumée dense, sombre ou très abondante en sortie de toit ;
  • des flammèches ou étincelles qui s'échappent du chapeau de cheminée ;
  • un conduit brûlant au toucher dans les étages, parfois des craquements ou des chutes de débris incandescents dans le foyer.

Au moindre doute, appliquez les réflexes ci-dessus : un feu de conduit peut atteindre 1 000 °C et fissurer le boisseau en quelques minutes.

La cause : le bistre, ce goudron qui s'enflamme

Le combustible du feu de conduit, c'est le bistre (ou créosote) : un dépôt goudronneux, noir et brillant, qui se forme lorsque les fumées se condensent sur les parois du conduit de fumée. Trois facteurs favorisent son apparition :

  • le bois humide : la vapeur d'eau refroidit les fumées et charge le conduit en goudrons — d'où l'importance d'un bois sec à moins de 20 % d'humidité ;
  • les combustions étouffées : les feux qui couvent toute la nuit, air fermé, produisent des fumées froides et chargées d'imbrûlés (voir peut-on faire tourner un poêle à bois la nuit ?) ;
  • un conduit mal dimensionné ou non isolé, où les fumées se refroidissent trop vite.

Le bistre est hautement inflammable : une flambée un peu vive ou une gerbe d'étincelles suffit à l'embraser.

Après le feu : contrôle obligatoire avant de rallumer

Même si le feu s'est éteint de lui-même, ne rallumez surtout pas votre poêle. Les températures atteintes fissurent fréquemment les boisseaux et dégradent les tubages : un conduit endommagé laisse passer fumées, monoxyde de carbone et chaleur vers la charpente. Faites intervenir un fumiste ou un ramoneur qualifié qui réalisera :

  • un ramonage complet pour éliminer les résidus ;
  • un examen visuel du conduit sur toute sa hauteur (caméra si nécessaire) ;
  • un test fumigène pour vérifier l'étanchéité.

Si le conduit est fissuré, un tubage ou une réfection s'impose avant toute remise en service. Déclarez aussi le sinistre à votre assureur : un feu de conduit est un événement garanti, à condition d'être à jour de ramonage (voir notre page poêle et assurance habitation).

Prévention : trois habitudes qui suppriment le risque

Le feu de conduit est l'un des sinistres les plus évitables qui soient :

  • Ramonage deux fois par an (50 à 90 € l'intervention), dont une fois pendant la saison de chauffe : c'est la mesure la plus efficace, détaillée dans notre guide du ramonage ;
  • Bois sec exclusivement, stocké à l'abri et fendu (voir stocker son bois et ses granulés) ;
  • Des allures vives régulières : faire fonctionner le poêle à bon régime au moins une fois par jour brûle les dépôts naissants et maintient le conduit propre.
Conduit déjà bistré ? Le ramonage classique ne suffit plus : le bistre durci se retire par débistrage mécanique (machine rotative à masselottes), facturé 300 à 600 € selon la hauteur du conduit. C'est le prix de la tranquillité avant de réutiliser un conduit ancien ou négligé.

Vos questions sur le feu de conduit

Pourquoi ne faut-il jamais jeter d'eau sur un feu de conduit ?

Au contact des parois portées à plusieurs centaines de degrés, l'eau se vaporise instantanément et son volume est multiplié : la surpression et le choc thermique peuvent fissurer, voire faire éclater le conduit, ouvrant un passage aux flammes vers la charpente. Étouffez le feu en fermant l'air et laissez les pompiers agir.

Un feu de conduit peut-il arriver avec un poêle à granulés ?

C'est beaucoup plus rare, car les granulés sont secs et la combustion régulée produit très peu de goudrons. Le risque n'est toutefois pas nul si l'entretien est négligé : le ramonage annuel du conduit reste obligatoire, comme l'explique notre guide de l'entretien du poêle à granulés.

Comment savoir si mon conduit est bistré ?

Le ramoneur le détecte immédiatement : dépôts noirs, brillants et durs comme du verre, que la brosse ne retire pas. Des odeurs de goudron par temps humide et des traces brunes suintant du conduit sont d'autres indices. Dans ce cas, un débistrage (300 à 600 €) s'impose avant la saison de chauffe.

Le feu de conduit est-il couvert par l'assurance habitation ?

Oui, au titre de la garantie incendie, à condition d'avoir respecté vos obligations d'entretien. Sans certificat de ramonage à jour, l'assureur peut réduire ou refuser l'indemnisation. Conservez précieusement chaque certificat, comme détaillé dans notre page poêle et assurance habitation.

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