Ramonage : locataire ou propriétaire ?
Le poêle est dans le salon, le bail est signé, l'hiver arrive : qui doit appeler le ramoneur et sortir le chéquier ? La règle est plus claire qu'on ne le croit — et l'enjeu dépasse les 60 € du passage, puisque l'assurance est en jeu.
La règle : l'entretien courant incombe au locataire
Le principe est posé par la loi de 1989 sur les rapports locatifs et le décret de 1987 listant les charges récupérables : l'entretien courant du logement et de ses équipements revient au locataire, et le ramonage des conduits de fumée y figure expressément. Concrètement, le locataire qui jouit du poêle organise et paie le ramonage, comme il paierait l'entretien de la chaudière gaz. Le coût : 50 à 90 € par passage, la réglementation exigeant en général un à deux ramonages par an selon le règlement sanitaire départemental — les obligations précises sont détaillées dans notre guide du ramonage.
Une exception : le bail peut prévoir une autre organisation (ramonage payé par le propriétaire, inclus dans les charges d'un immeuble avec conduits collectifs, etc.). Relisez-le avant tout débat.
Ce qui reste à la charge du propriétaire
Le propriétaire doit fournir un logement décent avec des équipements en bon état de fonctionnement. À lui, donc : le remplacement du poêle vétuste ou hors service (voir remplacer un vieux poêle à bois), les grosses réparations du conduit — tubage, mise aux normes, réfection de souche —, et la remise en état après un défaut de construction. Si un diagnostic révèle un conduit non conforme, c'est un chantier de propriétaire, pas une charge locative (notre page tubage chiffre ces travaux). De même, entre deux locations, le ramonage du logement vacant lui revient : il doit remettre les clés avec un conduit propre et un justificatif.
Le tableau qui-paie-quoi
| Dépense | Qui paie ? | Précisions |
|---|---|---|
| Ramonage annuel (ou biannuel) du conduit | Locataire | Charge récupérable, sauf bail contraire ; 50 à 90 € par passage |
| Entretien annuel du poêle à granulés | Locataire | Visite complète 120 à 200 €, même logique que la chaudière |
| Nettoyage courant (vitre, creuset, cendres) | Locataire | Entretien d'usage, produits à sa charge |
| Remplacement de pièces d'usure liées à la vétusté | Propriétaire | Bougie, extracteur, carte électronique en fin de vie |
| Remplacement du poêle, tubage, mise aux normes du conduit | Propriétaire | Grosses réparations et équipement du logement |
| Ramonage d'un logement vacant entre deux baux | Propriétaire | Le logement doit être loué avec conduit propre |
| Dégâts causés par un défaut d'entretien du locataire | Locataire | Sa responsabilité et son assurance sont engagées |
Certificat de ramonage et assurance : le point crucial
Après chaque intervention, le ramoneur remet un certificat de ramonage. En location, il doit être établi au nom de l'occupant — le locataire — car c'est son assurance habitation qui couvre l'incendie et les dommages liés à l'usage du poêle. En cas de feu de conduit, l'assureur réclame systématiquement un certificat de moins d'un an : sans lui, l'indemnisation peut être réduite au prorata de la négligence, voire refusée. Le fonctionnement précis est expliqué dans notre page poêle et assurance habitation. Conservez chaque certificat au moins deux ans, et transmettez-en une copie au propriétaire : tout le monde y gagne.
Litiges fréquents et solutions
Le locataire ne fait pas ramoner : le propriétaire le met en demeure par courrier recommandé, en rappelant la clause d'entretien du bail. En cas d'inertie, il peut faire intervenir un ramoneur et récupérer la dépense, et le manquement pourra être opposé au locataire en cas de sinistre — outre le risque bien réel de monoxyde de carbone.
Le propriétaire réclame un ramonage « avant état des lieux » déjà payé : si le locataire a fait ramoner dans l'année et produit son certificat, on ne peut exiger un second passage à ses frais sans clause explicite. Conduit jamais ramoné avant l'entrée : exigez le justificatif à la remise des clés ; à défaut, signalez-le à l'état des lieux d'entrée pour ne pas porter la charge d'années de suie accumulée. Conduit non conforme découvert par le ramoneur : les travaux de mise en conformité reviennent au propriétaire ; le locataire doit cesser d'utiliser l'appareil et le prévenir par écrit. En dernier recours, la commission départementale de conciliation traite gratuitement ces litiges locatifs.
Vos questions sur le ramonage en location
Le propriétaire peut-il payer le ramonage à la place du locataire ?
Oui, rien ne l'interdit : le bail peut prévoir que le propriétaire organise et paie le ramonage, ou qu'il le refacture dans les charges. En logement vacant entre deux locataires, c'est de toute façon lui qui doit faire ramoner avant la remise des clés.
À quel nom doit être le certificat de ramonage en location ?
Au nom de l'occupant, donc du locataire, puisque c'est son assurance habitation qui couvre les dommages liés à l'usage du poêle. En cas de feu de conduit, l'assureur exige ce certificat de moins d'un an ; sans lui, l'indemnisation peut être réduite, voire refusée.
Qui paie l'entretien annuel d'un poêle à granulés en location ?
Le locataire, comme le ramonage : la visite annuelle d'entretien (nettoyage complet, contrôles, réglages, 120 à 200 €) relève de l'entretien courant récupérable. En revanche, le remplacement de pièces dues à la vétusté (bougie, extracteur, carte) ou de l'appareil complet revient au propriétaire.
Que faire si le locataire refuse de faire ramoner ?
Le propriétaire doit le mettre en demeure par écrit en rappelant l'obligation d'entretien courant du bail. En cas de refus persistant, il peut faire exécuter le ramonage et en récupérer le coût, et le manquement du locataire l'expose à une réduction d'indemnisation par sa propre assurance en cas de sinistre.
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